Quand Dominic Chianese a laissé éclater sa colère en incarnant Oncle Junior

Dominic Chianese n’a jamais eu besoin de hausser la voix pour s’imposer. Pourtant, même les acteurs les plus respectés finissent parfois par craquer. Et ce jour-là, sur le tournage des « Sopranos », l’interprète de Corrado « Junior » Soprano a montré un autre visage, bien loin du gentleman qu’on lui connaît. Ceux qui ont croisé sa route sur le plateau en parlent encore, preuve que l’épisode n’a rien d’anodin.

Steve Schirripa, qui incarnait Bobby Baccalieri dans la série, s’est souvenu de cette scène rare lors de son passage sur le podcast Talking Sopranos. D’ordinaire, Chianese inspire le respect par sa retenue, son calme presque légendaire. Mais ce jour-là, une remarque d’un réalisateur a suffi à faire voler en éclats cette réputation d’imperturbabilité. « Dominic, je vous ai vu une seule fois perdre votre calme », a raconté Schirripa, non sans une pointe d’amusement, « et c’était contre un réalisateur. »

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Loin de minimiser l’incident, Chianese l’a reconnu d’un hochement de tête, alignant même deux autres épisodes similaires sur une carrière longue de sept décennies. Trois accès de colère en soixante-dix ans, c’est peu. Mais celui des « Sopranos » est resté dans toutes les mémoires.

Quand l’ambiance change sur le plateau des « Sopranos »

L’événement a eu lieu lors d’une scène en voiture, réunissant Junior Soprano et Bobby, incarné par Schirripa, sur la route. Pendant la prise, le réalisateur intervient et propose une lecture directe à Chianese. Mauvais réflexe. À peine la consigne donnée, la tension monte : « Ne me dites pas comment le dire ! Dites-moi simplement ce que vous voulez ! », a lancé Chianese, hors de lui. Schirripa, témoin direct de la scène, se rappelle avoir eu envie de disparaître, tant l’atmosphère était électrique.

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Ce n’était pas une saute d’humeur passagère. Chianese, habituellement mesuré, l’a confirmé sur le podcast : « En soixante-dix ans de métier, j’ai élevé la voix face à trois réalisateurs. Deux fois sur scène, une fois sur Les Sopranos. » Il n’a jamais aimé qu’on lui dicte sa façon de jouer. Pour lui, il y a une différence entre diriger et imposer. Cet affront, il ne pouvait pas l’encaisser sans réagir.

Face à la colère, deux choix. S’en tenir là ou tenter d’apaiser les choses. Chianese a préféré la seconde option. L’épisode aurait pu laisser des traces, il a choisi de transformer cette tension en opportunité de dialogue.

La réconciliation autour d’un repas

Comment désamorcer une situation tendue avec un collègue ? Chianese a sa méthode : il a invité le réalisateur à dîner. Pas une fois, mais plusieurs. Loin du plateau, les deux hommes se sont retrouvés chez Elaine’s, restaurant emblématique de New York, pour discuter à cœur ouvert. « J’étais tellement en colère contre lui que j’ai pensé qu’il fallait qu’on parle. On a partagé quelques repas, pris un verre », a confié Chianese. Peu à peu, les angles se sont arrondis.

Au fil de leurs échanges, Chianese a compris ce qui se tramait derrière l’attitude du réalisateur. Des difficultés personnelles, des tensions familiales. « Il essayait juste de prouver quelque chose », a-t-il analysé avec recul. Loin d’un règlement de comptes, ces dîners sont devenus l’occasion de se comprendre. La relation professionnelle s’est apaisée, la rancœur s’est dissipée autour de quelques verres.

Chianese ne garde aucune amertume de cette confrontation. Pour lui, il y a des instants où il faut dire les choses, même si cela dérange. Certains acteurs verraient d’un mauvais œil qu’un réalisateur leur souffle une réplique à voix haute ; pour Chianese, c’est typiquement le genre de geste qui peut enflammer une discussion. Mais il sait aussi que ces tensions, parfois, permettent d’instaurer le respect et de faire avancer une collaboration.

Le souvenir de cette colère n’a rien d’une tache sur la carrière de Chianese. Au contraire, il rappelle que derrière le flegme, la passion ne demande qu’à surgir quand la situation l’exige. Même chez les plus grands, la maîtrise de soi n’exclut pas les éclats. Ceux qui ont partagé ce moment ne l’ont pas oublié : parfois, la sincérité se joue aussi dans l’affrontement. Et sur le plateau des « Sopranos », la légende continue de s’écrire, une scène après l’autre.

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